Recommander

Recherche

Leçon d'aquarelle / a watercolor lesson





Le portrait invite naturellement à la découverte, il tisse un lien entre notre regard et celui du personnage qui est peint. Lorsque le modèle est double, lorsqu'il se reflète d'une manière ou d'une autre, un troisième intervenant apparait. Ni tout-à-fait le même que le modèle du tableau, ni tout-à-fait différent, il ne s'agit pourtant pas de notre projection qui viendrait semer la zizanie dans l'histoire.

Nous sommes en fait témoin du sujet qui se regarde lui-même et raconte ainsi une seconde histoire. Et l'échange des regards n'est plus un duo, c'est un trio.

Le premier tableau de cette série Reflets s'intitule l'Ombre. C'est une vision intériorisée, introspective. Un regard détourné fait réponse à une sorte d'appel. C'est une affaire entre soi-même et soi-même, mais pourtant aussi essentielle et aussi impérieuse que cette ombre qui ne s'en ira pas. Il ne s'agit pas de nombrilisme, l'affaire est plus sérieuse.

L'ombre est, d'après le Petit Robert, "la représentation d'une zone sombre, en peinture". C'est une définition qui trouve tout son sens dans ce cas précis. Par le format et le décor, la fuite est impossible, on respire très peu, l'espace est limité, les couleurs assez opaques.

Pour commencer l'année en douceur, voici le portrait de Julien, qui a servi de modèle pour "Solitude". C'est un portrait tout simple, mais qui joue des subtilités et de la sensibilité de l'aquarelle. L'image finale, issue du scan, ne reflète hélas pas vraiment les couleurs (plus douces, plus profondes) ni les demi-teintes de l'original...



 

Ayant l'habitude de peindre en faisant jouer des valeurs profondes et ne cherchant que rarement à faire éclater la lumière en provoquant de fort contrastes, je reste fasciné par le clair-obscur que j'essaie d'intégrer à la plupart de mes peintures.
Cette fois - et faisant suite au portrait de Léa (voir plus bas) - j'ai recherché à la fois la lumière et la légèreté, mais sans compromettre l'intensité d'une atmosphère. J'ai fait couler les couleurs à la verticale pour le fond: la peinture sèche garde la trace de ces déplacements hardis qui viennent se heurter aux zones immobiles et sages, inondées d'une lumière dont le sujet se détourne.
Le personnage de Solitude est installé dans un cadre enchanteur et confortable mais son état d'esprit l'emmène ailleurs et l'isole. Seul témoin de son vague à l'âme: une allégorie, placée derrière lui et qui semble vouloir l'en extraire. Mais ce n'est qu'une peinture, sertie dans un cadre que dissout inexorablement la douleur de la solitude.




Solitude sera présentée à l'exposition nationale de la S.F.A. à Charenton-le-Pont du 23 octobre au 23 novembre 2009, puis à l'exposition européenne qui se tiendra à Antwerpen (Anvers, comme on dit chez nous), en Belgique, à l'occasion de l'exposition de la confédération européenne des sociétés d'aquarelles, du 23 avril au 16 mai 2010.
Michael Jackson est un artiste qui m'est cher et dont j'ai suivi la carrière depuis la fin des années 70. Je l'ai vu en concert en 4 occasions, et je l'ai aussi vu en dehors de ses concerts, à Paris et à Londres. Depuis longtemps, je pensais faire son portrait. J'en ai réalisé un au pastel gras il y a quelques années, mais bien sûr la tentation et le plaisir de l'aquarelle restaient intacts. L'idée était de pouvoir le lui offrir directement à une occasion ou une autre. Ce n'est hélas plus possible, mais l'envie de faire naitre cette peinture s'est maintenant imposée comme un besoin.
J'ai choisi de montrer l'artiste chez lui, à Neverland, en essayant de lui restituer cette part de charisme et de magie qui frappait chacune des personnes qui le rencontraient.
Ce moment imprévu est pour chacun d'entre-vous autant que pour lui, car c'est une rencontre.





La Blessure est une peinture qui raconte un état d'âme, un état d'être, l'un de mes thèmes favoris. Figurative, elle pourrait donner l'illusion de tout dire.
Pourtant il n'en est rien: le mystère de la Blessure reste à découvrir.
La Blessure a été exposée au Salon des Arts de Margency en mars dernier
.


Ce portrait en petit format (24x32cm) a été réalisé sur le papier Moulin du Coq, le Rouge, à titre d'essai. C'est un papier qui autorise les repentirs avec une étonnante facilité: on retrouve le blanc du papier sans aucune difficulté, simplement avec un pinceau et de l'eau pure. J'en ai profité pour ajouter des effets lumineux ici et là, dans les cheveux, dans les couleurs de fond, par simple retrait. La magie du blanc joue ici de tous ses atouts: le papier vierge illumine les lavis d'un éclairage éblouissant. C'est un des secrets de l'aquarelle: la lumière est présente dès le début, on ne fait qu'apporter les ombres, des plus ténues aux plus sombres.
La surface du papier permet aussi de réaliser des fondus ou des dégradés sans effort. Petit inconvénient qui va de paire: le passage d'un lavis sur un autre doit être exécuté très rapidement avec un pinceau très souple pour ne pas créer de perturbation. La partie gauche du visage (celle dans l'ombre) n'a reçu que 2 lavis, conservant des imperfections que j'ai voulu garder pour préserver une certaine fraîcheur.
Une beau papier donc, à réserver aux travaux exécutés rapidement, avec de très beaux effets dans l'humide.


Voici la petite histoire en images d'une peinture en forme d'essai. Très pensée (probablement trop et ...mal), cette réinterprêtation d'une oeuvre bien connue pêche finalement par son manque de fraîcheur. Léa méritait pourtant beaucoup mieux!
Cependant, je vous la livre sans honte, parce que j'ai beaucoup appris à la peindre. La contrainte du modèle original tout d'abord, contrainte que l'on découvre au fur et à mesure du dessin, puis de la peinture: corps, pose, paysage, atmosphère. Egalement, notre oeil et notre mental du 21ème siècle ne sont pas forcément prèts à accepter ce cadrage du 16ème siècle, ni même à supporter une ennième reprise de Mona-Lisa, surtout si elle semble se vouloir sérieuse. Bien que ne recherchant ni l'imitation, ni la parodie, ni même la dérision, j'ai pu apprécier une insidieuse pression à laquelle je ne m'attendais pas...
Puis vint le temps de la peinture, du plaisir comme de la lutte parfois, l'apprentissage sans fin de l'aquarelle. Repentirs et changement de cap en sus. Les nouvelles couleurs que j'utilise, intenses et durables, me jouent encore des tours: mon goût pour l'intensité trouve ici son expression-limite. Je suis heureux du message qu'elles me livrent et j'essaierai d'en tenir compte à l'avenir.
En voulant travailler des clairs-obscurs, j'ai déposé des couleurs "claires "déjà sombres, et donc l'apport des ombres a considérablement alourdi, terni ou solidifié certaines zones. Les couleurs plus légères sont apparues par contraste excessivement chantantes...
Voici donc ce travail que je vous présente avec l'espoir de récolter vos avis, non pas pour me rassurer s'ils se veulent positifs, mais bien pour tirer la leçon d'une telle expérience.
Enfin, à Léa, un grand merci pour sa curiosité à participer à cette expérience. Et puis, ceci n'est qu'une peinture...


Pluie est à la fois un portrait, une interrogation et un message.
C'est d'abord le portrait d'une personne, qui porte ce prénom dans sa langue paternelle. C'est ensuite ce qui découle de la pluie, cette interrogation qui nait de notre incapacité à décider de ses caprices. La pluie, un espace de réflexion intemporel qui absorbe Pluie. Il y a une certaine ouverture et une confiance tranquille à la vue du monde momentanément modifié par la chute de l'eau. La pluie, ennuyeuse peut-être, est nécessaire. Elle ne se retire qu'après avoir nettoyé notre petit univers, de son simple passage. Et Pluie possède la force de caractère qui nait de ce savoir.

D'un point de vue technique (certains d'entre vous regrettent de ne pas avoir davantage d'explications), j'ai essayé d'assomplir/d'adoucir les contours du personnage en les atténuant avec de l'eau pure, comme s'il fondait sous l'effet de l'eau, ou apparaissait plus flou. C'est un travail dans l'humide à petite échelle mais dont les effets demeurent significatifs et font partie de la magie propre à l'aquarelle.
A plusieurs reprises, j'ai utilisé un spray pour ouvrir de petites taches de blanc dans la couleur, dans le mat-fraîs, lorsque la peinture encore humide commence à ne plus briller: sur les épaules et dans le fond.
Le fluide à masquer est utilisé pour isoler du blanc dans les yeux et sur les lèvres. Pas davantage. Il ne faut pas le retirer trop tard, sous peine d'avoir de grandes surprises aux niveaux des valeurs (autant de blanc est-il nécessaire?).
Enfin, un de mes moments préférés: la fusion de plusieurs teintes dans l'humide (voir le diaporama à 2:11). Moment de suspension où tout se passe, en douceur, avant que le séchage ne vienne fixer le lavis et fasse disparaitre tout indice de "fabrication". Durant ce moment, chaque couleur peut être déposée à sa juste dose, à sa juste place, en lui laissant suffisamment de liberté pour qu'elle s'y installe par elle-même. Le pigment, libre et en suspension, n'est pas simplement appliqué sur le support comme on appliquerait du dentifrice sur une brosse à dents: il flotte sur un océan microcosmique qui ne tardera pas à s'assécher, moment éphémère dont rien ne transparaitra par la suite, comme un secret à jamais disparu.
L'aquarelle, ce n'est vraiment que du bonheur: le désir de peindre, un peu de technique et l'eau amie qui se prête au jeu ...la magie en action entre vos mains et sous vos yeux, avant d'être partagée.
Et si le résultat ne me satisfait pas, je le considère de toute façon comme un essai. Après tout, la plus grande satisfaction réside peut-être dans le moment passé réaliser la peinture.

J'utilise des couleurs Blockx, absolument délicieuses à utiliser autant de par leur fluiditié que par leur pouvoir teintant ou leur solidité maximale dans le temps. Mon papier préféré est le papier Arches, certes un peu sec au premier passage de lavis (le papier à besoin de sa première rasade), mais tellement gratifiant après les premiers coups de pinceau.

Prochainement: une (autre) interprêtation de Mona-Lisa.

Un petit clin d'oeil à Dominique Olivier, prothésiste dentaire céramiste de renommée internationale.
S'il vaut mieux travailler la céramique plutôt trop humide que trop sèche, voici donc de l'eau, beaucoup d'eau, dans une ville mythique posée entre ciel et mer.
Merci Dominique pour ton enthousiasme et ta sympathie. J'espère progresser moi-même à l'image de ton excellence, tout en développant une autre qualité qui me manque et que tu possèdes: la modestie.
J'espère que la ballade te plaira.

Testa e Coda a été exposée à Chamalières en novembre 2008.


Installé entre les couleurs froides qui l'habillent et un décor aux reflets chauds, Félix se tient à une certaine distance. Les mains refermées, bien que participant  de cette impression de distance, parlent d'action, d'énergie, d'une capacité de réalisation, d'une certaine proximité aussi.
En peinture (également),  il est difficile de véritablement dissocier un personnage de son environnment. Le va-et-vient du chaud et du froid parle du modèle, pas forcément de façon objective, mais plutôt de la façon dont il peut être perçu.
Sur ce portrait simple, j'ai à plusieurs reprises hésité entre un véritable réalisme et une forme ornementale qui, pour moi, se rapproche d'une forme d'abstraction. Abstraction du véritable souci de ressemblance, de vraisemblance. La chemise, par exemple, ne semble pas vraiment faite de tissu. La souplesse de ses plis tient davantage du papier qu'on aurait manipulé, peut-être même du métal. Autre exemple, les effets du mur (réalisés avec du film alimentaire sur peinture humide) créent une surface aux motifs aléatoires.
Simplification, juxtaposition ou contradiction avec la réalité, une approche qui s'est imposée dans cette peinture.
Félix reste donc à découvrir et ce portrait nous y invite.

Il est des endroits simples et enchanteurs, où le quotidien se mêle à l'onirique de façon simple et inattendue. Des coins d'ombre - comme des refuges -  qui guident vers la lumière mais gardent pour eux un charme particulier. Quelques bicyclettes comme les traces d'aventures invivisibles, comme en négatif lorsque l'être humain est montré par son absence. Portes et fenêtres apparemment sans vie, mais qui le croirait?
Prêts pour une ballade dans les rues de Florence?






Cette peinture est dédiée à la vie, et  à celles et ceux qui nous la rendent belle et heureuse, aux passages de l'ombre à la lumière, du doute à l'évidence, de la douleur au bien-être.
A N. pour son enthousiasme.

Le Passage a été exposé à l'espace Magallon, à l'Isle-Adam en mai dernier et sera présent à la biennale de Mexico en décembre.
Le portrait a beaucoup à voir avec la personnalité, avec ce qui se passe à l'intérieur. Avec ce qui en émane aussi, avec ce que nous en interprêtons, ce qui fait écho ou nous interpelle.
Voici un nouveau portrait de celui que j'ai présenté autrefois comme le "Petit Pirate": Arthur.

Portrait speaks about personality, what's going on inside oneself. About what emanates from that inside as well, meanwhile what we understand about it, responding to our understanding, or even surprising us.
Here is a new portrait of a friend once called the "Little Pirate", Arthur.
Enjoy!




Arthur était exposé à l'Isle-Adam en mai et à Chamalières en novembre 2008.

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés