Dimanche 14 octobre 2007
Petit flashback sur une peinture réalisée en 2004.

Certaines peintures deviennent emblématiques de votre travail, pas forcément immédiatement ni même que ce soit votre propre choix, mais parce que vous avez  eu  une émotion ou une motivation particulière lors de leur élaboration et  que, par la suite, elles ont trouvé un écho chez ceux qui les ont regardées.
Peint à l'origine pour une exposition sur le thème du voyage ( le thème ayant changé, cette peinture n'y fut pas présentée ), le Rubis du Prince Noir est à la fois une peinture "sérieuse" et un clin d'oeil. Un clin d'oeil à tous les clichés associés à cette couronne, maintes fois reprise dans la publicité ou la photographie par exemple. Sérieuse par ce qu'elle représente: chaque pierre a une histoire, qu'elle soit légendaire ( comme le rubis du prince noir justement ) ou tout simplement celle de la souffrance ( les diamants ne son pas ramassés dans les jardins! ) et de la dignité humaine.
J'ai rapidement remarqué que cette couronne sur la tête de Tarik n'était pas du goût de tout le monde mais, après tout, cela parle aussi de l'égalité des êtres humains, de la loterie de la vie, ...gravité et dérision de nos destinées.

Quelques détails de la peinture et petites explications en images:


d--t1.jpg






























La couronne a été peinte en dernier. Pour éviter trop d'erreurs, les parties scintillantes des pierres ont été réservées au fluide à masquer, mais sans plus. Il est souvent bien plus simple de travailler avec attention que de faire un usage excessif du fluide à masquer: à force de masquer, on ne sait plus où on en est!
Travailler du plus clair au plus foncé s'est imposé. Même si le travail semble minutieux, une fois qu'on est dedans, les choses se déroulent finalement assez bien.


d--t2.jpg






























Ce diamant de papier et de pigments est réalisé sur la base d'un dessin léger et précis, avec des zones peintes séparément à sec, parfois avec fondu de couleurs. Pour garder son aspect cristallin, je ne l'ai pas soutenu davantage, il se suffit à lui même.


d--t3.jpg





























Le visage se compose de lavis successifs, du plus clair au plus foncé, la couleur étant chaque fois posée puis fondue à l'eau claire et séché.


d--t4.jpg

























Une petite remarque sur l'utilisation des complémentaires: sur les broderies dorées, j'ai utilisé une couleur violette obtenue avec les 2 primaires bleu et rouge pour infléchir le jaune là où je voulais lui donner une ombre délicate.


d--t5.jpg
































Petite remarque sur le fond: j'ai apporté des couleurs sur une feuille humide, ces couleurs ayant bien sûr été préparées et testées auparavant. Les gouttes de jaune sur cet exemple sont apportées dans l'humide, mais en texture crémeuse, ce qui limite leur diffusion.


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Le Rubis du Prince Noir
39 x 55 cm
aquarelles, 2004.

par Olivier PHILIPPOT publié dans : Leçon d'aquarelle / a watercolor lesson
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Samedi 29 septembre 2007

Aucune couleur ne fascine autant que le bleu.
Il existe diverses raisons à cela.
Le bleu du ciel laisse penseur, optimiste lorsque le temps est radieux. Le bleu de la mer, aussi immense que le ciel, parle d'insondable, d'infini, de possibles renouveaux, d'abîmes insondables, froids et inquiétants, des non-dits de l'invisible, des chuchotements qui prennent la place des certitudes. Car le bleu est mystérieux. Sa froideur laisse deviner, interprêter. Elle ne s'avance pas vers nous.





Le bleu est calme, organisé. Austère parfois.
Il incarne la pensée logique, rationnelle, la faculté de raisonnement et d'abstraction. Il est aussi introversion et réflexion. Le bleu est mental.
Le bleu est symbole d'élévation. Mais on peut aussi se perdre en lui.





Il est tantôt clair, tantôt obscurci. Tantôt éveillé, tantôt endormi. Il éclaire et confond. Parfois opaque, parfois transparent.
Immatériel et indéfinissable bleu.





Mais le bleu n'est pas que froideur, loin de là. Il possède son propre langage et demande peut-être davantage d'attention. Il sait faire chanter ses complémentaires, s'effacer devant elles pour mieux les faire vibrer.
Une touche de rouge suffit à le réchauffer.
A l'image d'un bain de minuit, que seule la lune éclaire, le bleu est un appel irrésistible. Il étonne par sa douceur. Le plus grand risque ne serait pas de s'y noyer, mais plutôt simplement de le manquer!

Images: détails du Portrait Bleu, juin 2007.

 



Musique: "Numb", extrait du cd de l'album "Fundamental" des Pet Shop Boys.

 

par Olivier PHILIPPOT publié dans : Leçon d'aquarelle / a watercolor lesson
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Dimanche 18 février 2007


Dans ce petit exemple, une jolie bâtisse fortifiée rencontrée par une belle journée sur la route de Sancerre, je me suis amusé à 2 très simples associations de techniques.






Tout d'abord, la vue d'ensemble est réalisée à l'aquarelle seule.  En ne cherchant pas le détail à l'excès, j'ai juste essayé de rendre les volumes,  de donner du corps  au bâtiment  de façon très sobre. C'est la vue qu'on a de la route, une invitation à la découverte.





Lorsqu'on s'approche davantage, l'aspect rugueux de la pierre devient visible.  L'histoire des murs apparait, à travers ses imperfections, ses blessures, ses modifications.  Mais aussi ses variations tonales qui ajoutent un aspect poétique à la simple surface. Sur la base d'une aquarelle simple, j'ai travaillé aux crayons de couleurs,  le grain du papier aidant à cet aspect  quelque peu austère.




Enfin, on entrant plus avant dans le bâtiment, on découvre un petit bijou Renaissance au fond de la cour pavée. Pour en retranscrire la grâce, sans oublier le joli toit de tuile en fond, j'ai utilisé 2 encres ( un noir et un sépia ) pour un tracé à la plume exécuté comme précédemment sur un lavis sec. Un rayon de soleil ajoute grandeur et volume à la scène modeste au demeurant.

L'aquarelle peut bien sûr être associé à beaucoup d'autres techniques (gouaches, acryliques, ...) et sur de nombreux supports, même les plus improbables.


Texte & illustrations: Olivier Philippot, tous droits réservés.
par Olivier Philippot. publié dans : Leçon d'aquarelle / a watercolor lesson
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Samedi 17 février 2007
Pour cette technique exigeant à la fois de la patience, un minimum d'expérience, de l'attention mais aussi une certaine détente intérieure, j'ai choisi de vous présenter quelques gestes essentiels.
Ces gestes, répétés et variés à l'infini, les uns après les autres, dans l'ordre qui s'impose à la création de votre travail, permettent une infinie variété d'effets que le médium aquarelle rend inimitables et chaque fois uniques.

Ce qu'il faut retenir en essence, c'est que l'eau abondante diffuse et dilue la couleur que l'on dépose sur le papier préalablement inondé. Il faut donc attendre un séchage de type "mat" pour intervenir de façon plus précise. Une couleur très diluée se diffuse plus largement, surtout sur papier très humide et vice versa: une couleur crémeuse se diffusera moins, surtout si le papier a déjà un peu séché.



Sur un papier préalablement humidifié, les couleurs se fondent entre elles,
de façon aléatoire mais également dirigée. Quand l'imprévisible et l'inattendu rencontrent votre désir de créer.




L'inclinaison du papier permet de jouer avec la gravité,
l'eau transportant avec elle le pigment. A vous de savoir où vous arrêter.

































La jonction de deux flaques d'égale humidité,
à l'aide d'une brosse plate adaptée en terme de dimension, permet de réaliser un fondu impeccable.




Peindre à l'eau claire et ouvrir des blancs.
Sur un lavis encore humide, ouvrir des blancs en utilisant de l'eau claire et un pinceau propre. On ouvrira également des blancs de la même façon sur peinture sèche, en utilisant un pinceau synthétique, plus nerveux. Dans ce dernier cas, le blanc peut être ouvert de façon très précise avec des contours très nets.




Peindre sur des cordons d'eau.
Après avoir tracé à l'eau claire le motif désiré, on y injecte la ou les couleurs choisies. Le mélange se fait de façon relativement aléatoire.




Apporter des valeurs plus profondes sans les diffuser en utilisant une couleur plus épaisse.
Tout est dit: si la peinture est de consisitance épaisse, elle ne va pas se diluer dans le lavis sur lequel on la pose. Sa diffusion va être très restreinte. On obtiendra ainsi un effet fondu, plus naturel, mais pas de perte d'intensité.




Le dépôt de sel sur la peinture humide
permet des effets "étoilés" intéressants. Attention, laisser sécher longtemps, sans intervenir sous peine de tout gâcher. Si le sel laisse des traces grises sur la peinture terminée, ne pas hésiter à passer la gomme.


Sur la peinture terminée, on peut tout-à-fait continuer par une technique plus classique d'apport sur les lavis secs, peindre par glacis, etc.
L'association de diverses techniques permet d'enrichir votre travail.


Texte et photographies: Olivier Philippot, tous droits réservés.
par Olivier Philippot. publié dans : Leçon d'aquarelle / a watercolor lesson
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Jeudi 14 décembre 2006
Lorsqu'on évoque le croquis, on pense immédiatement à un travail rapide qui capture de façon essentielle les éléments observés. Pour cela, il faut d'abord savoir ce qu'on regarde, et ce qu'on veut transmettre. On évite ainsi de s'apesantir sur l'inutile pour se concentrer sur ce qui viendra traduire l'impression ou l'émotion du moment. Le croquis doit posséder des qualités de fraîcheur et de spontanéité. Il peut devenir l'embryon d'une oeuvre plus poussée, peut-être même aidée du support photograpique, mais ce seront les impressions de l'instant initial qui seront retenues pour donner le souffle à un travail plus abouti. Le croquis est un témoin. Un instantané qui fixe à jamais un instant donné, non pas comme une machine qui livre tout en vrac, mais à travers un regard, animé par une sensibilité donnée.
En aquarelle, on veillera particulèrement à certain points:
- un dessin préliminaire aussi exact que possible (c'est valable pour tout médium)
- préserver le blanc du papier pour les zones les plus éclairées (au premier lavis, vous aurez ainsi déjà 2 couleurs sur votre feuille, et le volume sera déjà là)
- retenez l'essentiel, visez les zones éclairées et les ombres que vous voyez et tenez compte de leurs valeurs.
- contentez-vous de travailler avec un nombre de couleurs restreint, cela vous aidera à garder une bonne échelle de valeurs.
- n'inventez pas des lignes, rebords, soulignements et contours en tous genres qui n'apparaissent que dans votre conception mentale ou habituelle du sujet et non dans son observation.
- apprenez à vous arrêter lorsque le point de "fraîcheur" et d'exactitude est atteint, et pas encore dépassé.





Les "croqués": Jonathan, Florian, Cindy, Imad et Thomas.







par Olivier Philippot. publié dans : Leçon d'aquarelle / a watercolor lesson
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Mercredi 20 septembre 2006

Olympos se situe à une centaine de kilomètres au sud d'Antalya en Turquie. On n'y trouve ni hotels, ni autoroutes ni restaurants prestigieux, mais pour ceux qui souhaitent se plonger à la fois dans l'histoire, la mythologie, la nature et la convivialité naturelle en Turquie, c'est un endroit qui vaut le détour, et pourquoi pas un petit coin de paradis où réaliser quelques aquarelles avant de se retrouver sur la plage entre amis.





Olympos is located south of Antalya in Turkey. You won't find hotels, neither highways nor prestigious restaurants there, but for those of you who prefer history, mythology, nature and the natural turkish hospitality, this is a place to visit, and why not bring your watercolors and find some time to play with them, before joining your friends on the beach?






Les vacances, c'est bien joli, ...mais qu'en est-il au retour? L'après Olympos rime apparemment avec créativité et une inspiration durable. La mythologie, l'esprit du lieu, fluides comme l'eau porteuse de couleurs vivantes, continuent leur conquête patiente de mes blocs de papiers... J'ai bien l'intention de les suivre.


Ramazan, in its beginning.


Holidays are a great time, ...but what happens when holidays are over? The "after-Olympos" goes with creativity and lasting inspiration. Mythology, the spirit of the place, as fluid as water carrying living colors,  are busy conquering my paperblocs... I will follow them.


With special thanks to my new friends Suha, Gülsüm, Rasim, Ömer, Ilias, Sedat, Bülent, Ramazan, Ali and Hero, ...and their friends.
par Olivier Philippot. publié dans : Leçon d'aquarelle / a watercolor lesson
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Dimanche 11 décembre 2005

A l'intention des élèves du Strate Collège designers en particulier, un petit sujet sur les lavis. N'oubliez pas de consulter les autres articles de la catégorie "Leçon d'aquarelle" pour le rappel d'autres éléments abordés en cours.

Tombée du jour depuis le pont Galata.

Le travail à l'aquarelle permet le jeu des transparences, chaque lavis apportant sa propre correction du précédent, une sorte de collaboration entre les couleurs, dans laquelle aucune ne viendra s'imposer aux autres par son opacité, mais s'appuira sur les précédentes  pour s'harmoniser avec elles. Pour cela, la peinture doit être pensée et dirigée, non pas subie au gré de mésaventures quelconques.

Sur le papier blanc, les lavis vont composer une atmosphère lumineuse ou sourde, selon le cas. La création de l'atmosphère par des lavis successifs, du plus clair au plus foncé, permet une unité particulière de la peinture, par opposition à l'effet de coloriage compartimenté qui traite chaque section séparément.

Un soin particulier est à apporter lorsque les couleurs sombres sont déposées, de façon à les harmoniser avec les couleurs transparentes.

Ici, j'ai essayé d'unir la transparence de l'atmosphère naturelle d'un lieu, et la place de l'homme et de son activité, la place de la civilisation sur ce décors flottant. Un peu de magie est nécessaire pour recréer sur le papier un tel lieu, et l'aquarelle peut vous y aider.

 

 

To the students of Strate Collège designers in particular, just few words on washes. Please check again the articles from the "Watercolor lesson" category, explaining technics we studied together.

Fall from Galata bridge.

Working with watercolors allows a play with transparence, each wash bringing its own influence on the previous one, some kind of collaboration between colors. No colors should bring opacity. On contrary, it has to harmonise with the other ones. In order to do that, one has to think before starting to paint, so one may keep control on ones work, ...not get under the control of water and color!

On the white paper, washes will create a specific atmosphere, starting with the light colors, ...to the darker colors, creating a specific unity, not getting involved in each space separately.

A specific care is necessary when painting the darker colors, because it's necessary to get the best interraction with the lighter ones.

Here, I have tried to unite the transparence of the natural atmosphere of the place, and the activity of man and seat of civilisation in this floating frame. You need magic when wanting to make such a place alive on paper, and watercolor may help a lot!

 

Text and picture, copyright Olivier Philippot.

 

par Olivier Philippot. publié dans : Leçon d'aquarelle / a watercolor lesson
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Dimanche 23 octobre 2005

Je vous propose de suivre l'élaboration d'une peinture au fil des semaines à venir, à peu près en temps réel, puisqu'il ne me sera pas possible de la réaliser en un seul temps. A la fin de chaque weelk-end très probablement, une avancée significative (je l'espère bien!) fera son apparition dans l'article.

Tout d'abord, comme toujours en aquarelle où les changements de cap en cours de réalisation sont à éviter, l'essentiel est dans le point de départ: ce qu'on veut exprimer et les choix initiaux pour y parvenir. vous constaterez cependant que je vais laisser une certaine lattitude à des possibilités d'évolution, selon les événements qui se produiront sur le papier.

Here comes a process you'll be able to watch and follow during the coming weeks. Since I won't be able to complete the whole painting in one time, you'll follow the process more or less in real time. There will be a significant evolution each week-end, hopefully! As usual with watercolors, the most important thing is to decide what you will express, and the choice you will make to do it, because it may be hard to change your painting in the middle or at the end of it. on the other hand, I'll stay open to possible changes, according to what's happening on the paper.

 

 

Tout d'abord, commençons par un dessin clair au trait, ne tenant pas compte des ombres.

Le premier choix important a été de décider du format. Le regard de Halil nécessitait de l'espace et l'espace lui-même devait participer à son état d'esprit. Le format ouvre donc l'espace devant le modèle, comment autant de possibilités pour le personnage, ou un espace ouvert en lui-même. Si l'espace s'avérait trop important, notamment lorsque les masses de couleurs seront posées, un recadrage de la peinture terminée est toujours possible.

 

 

Ici, j'ai commencé par peindre le fond, car j'avais en tête une atmosphère bien précise et je voulais que mon personnage y prenne place ensuite, ce qui permet aussi d'ajuster les tons de la peau à la lumière du décor. C'est un peu comme inviter un ami à prendre place en un lieu que vous avez préparé pour lui, la démarche vous aide pour le reste du voyage. C'est une aide d'un point de vue technique, mais c'est aussi - et surtout - tout le plaisir de donner vie à un projet initialement insubstantiel, ...en partant tout simplement d'un morceau de papier, des pinceaux, quelques couleurs.

Et les couleurs choisies pour le fond sont des verts chauds et froids, des bruns chauds et froids, au milieu desquels se faufile et se prolongera le modèle, au-delà de la peinture. Mais à cette étape, il semble complêtement anéanti par le fond, et se résume à un espace blanc et plat. Patience!...

 

First of all, let's start with a clear line drawing, let's forget about the shadows.

There was a first and important choice to do: what space to allow? Halil's look needed some space and space itself had to participate to his state of mind. So the choice was to open space in front of him, like open possibilities, space within himself. If if space was to be too important, it would be easy to decide new dimensions when the painting is completed.

In this particular case, I started with the background, because I had a specific atmosphere in my mind and wanted the model to enter it, exactly like you would invite a friend when everything has been prepared for him first. Thinking that way will help you a lot during the painting process, not only on technical point of view (like having the skin colours fit to the general atmosphere), but also - and mainly - enjoy the whole pleasure of giving life to an initially unsubstantial project, ...just using a piece of paper, some brushes and colors.

And the colors would be in green, warm ones, cold ones, warm and cold browns, and the model will weave his way through them, extending himself beyond the painting. But right now, he  seems sunk in the painting, in fact he is just a blank flat space. Patience!...

 

 

L'étape suivante est le premier lavis de la teinte la plus claire pour la peau. Pour cette peinture, je ne prévois pas de réserve blanche, mais plutôt un mélange assez chaud d'auréoline, de garance rose, et d'une touche de rouge de cadmium. Ce ton qui semble soudain colorer le papier presque à l'excès pour un début, paraîtra dès son séchage bien pâle en regard du fond.

Next step will be to paint the lighter color for the skin. In this particular case, I didn't left any white area, but I used a warm mix of aureolin yellow, pink and a touch of warmer red. What now seems a bit too colourfull for skin will soon look like "white" (when dried)  in comparaison with the background.

 

 

Le travail suivant consiste à créer les ombres. Et le principe restera le même jusqu'au bout: déposer la couleur, la fondre à l'eau pure. A ce stade, un ton orangé servira à peindre un premier filtre. Puis un second, jusqu'à avoir avec cette seule couleur une échelle de valeur correcte.

Now we have to create the shadows. The technique will be the same all the way long: put color, and let it vanish in clear water. Again and again, until a correct scale of values is obtained.

 

 

A ce stade, les différents filtres de couleurs paraissent parfois assez artificiels. il ne faut pas s'arrêter à cette impression et abandonner la démarche sous peine de perdre l'uniformité de la peinture. Chaque nouvelle couleur déposée viendra corriger ou compléter la précédente, donnant ainsi de la profondeur à l'ensemble. Un seul imprératif: préserver la transparence!

At this step, the colors you will use may seem quite artificial when taken separately. Don't worry about that, just carry on! Each color will complete or help the previous one, giving more and more depth and realism to the whole. And you'll enjoy a great experience: seeing life taking form in front of you, little by little. There's only one thing to remember: save the watercolor's transparence!

 

 

Je me concentre sur le visage, j'ai besoin de retrouver le modèle que je veux peindre. Bien qu'il soit toujours conseillé de répartir ses efforts sur l'ensemble de la peinture à tour de rôle dans un ré-équilibrage permanent, je ne procède jamais ainsi. Lorsque j'estime y avoir assez travaillé, je passe à une autre partie, ici les mains et les avant-bras. Plus tard, les améliorations ou les changements à apporter n'en apparaîtront que plus clairement.

I concentrate on the face, I need to find my model to just follow the direction I initially choosed. Though it is usually adviced to progress in the painting as a whole, painting here and there all the time, I always concentrate on what I consider the main part. When I think I did enough, I move to another part, here the hands and arms. Later on, necessary changes and improvments will then appear clearly.

 

J'ai ensuite travaillé les mains et les avant-bras. Les poils qui prennent la lumière ont été réservés au fluide à masquer.. Ils seront atténués en fin de parcours avec des lavis légers de la couleur environnante pour atténuer leur brillance excessive.Lorsque le tee-shirt et la chaise seront peints, il faudra en accorder les ombres et les fondus avec les tons chairs de façon à ne pas créer de compartiments.

Then I painted the hands and fore-arms. The shining hairs were spared with masking fluid. They will be painted also with very light colors (from the surrounding colors) if they shine too much at the end.. When the tee-shirt and chair will be painted, their shadows and tones will be assorted and mixed on their borders to the flesh tones, so the painting stays a whole, not a multi-parties image.

 

 

Le travail des cheveux, des sourcils et des yeux est la prochaine étape. Soudain, Halil apparait et semble prendre vie. La suite se fait naturellement avec la peinture du vêtement et du dossier de chaise. Enfin, le fond semblant trop léger et manquait d'atmosphère, je l'ai approfondi en l'assombrissant. Tous ces éléments devaient s'associer de façon naturelle, pour que la peinture aboutisse.

Working on hair, eyebrows and eyes is the next step. Suddently, Halil appears and becomes alive on his own. There's just to follow the same process for the clothes and seat until the end. Finally the background looks too light in some places, it lacks atmosphere. All these parts have to fit as much as possible until te painting may be considered as finished.

 

 

Thanks to Halil Bozdag for permission, text and pictures copyright: Olivier Philippot.

par Olivier PHILIPPOT publié dans : Leçon d'aquarelle / a watercolor lesson
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Dimanche 9 octobre 2005

Un petit article à l'intention des élèves du Strate Collège.

Beaucoup d'aquarellistes de renom ont travaillé ou travaillent à partir d'une palette restreinte, parfois dans une même tonalité. Que ce soit à partir d'encre plus ou moins diluée ou tout simplement de café (Victor Hugo par exemple), il sont parvenu à traduire de manière forte une émotion à travers une représentation spontanée ou plus étudiée. Une peinture réalisée avec les 3 couleurs primaires ( auréoline, garance rose et bleu de cobalt en ce qui nous concerne ici ) est l'occasion de découvrir une qualité particulière de l'aquarelle: pouvoir beaucoup avec peu. Travailler avec une palette aussi restreinte aura la qualité de donner une unité à votre peinture, évitant ainsi l'effet "coloriage" où sont appliquées côte à côte des teintes, peut-être magnifiques, mais pas forcément cohérentes. Cela n'exige qu'un petit effort, qui est aussi un pas vers la liberté d'expression: apprendre à mélanger ses propres couleurs, prendre le temps de regarder ce qui en résulte, l'évaluer, développer ses propres outils, pour mieux transformer ses propres envies en plaisir de peindre.

N'oubliez pas de d'abord mélanger vos couleurs et d'obtenir la teinte souhaitée avant d'y ajouter de l'eau. Ne commencez pas par l'eau. Et n'ayez pas peur de la couleur! Faites-la apparaitre, ne la dilluez qu'ensuite, petit à petit, selon le nécessaitre, pas plus! Travaillez avec 2 pots d'eau, l'un pour le rinçage, l'autre pour disposer d'eau propre. Changez-les régulièrement. Aussi, prélevez votre couleur avec un pinceau synthétique, de taille moyenne, qui ne gardera pas la couleur pour lui mais la déposera sur votre palette. Surtout pas de pinceau à lavis pour cette opération!

Travailler avec les 3 primaires, c'est disposer de ces trois couleurs bien sûr, de leur mélange 2 par 2, et de l'infinité des "gris" colorés à tendance jaune, bleu, rouge, violette, verte, orange, et du gris souris, réalisés avec les 3 primaires en intensité égale. Chaque teinte, plus ou moins diluée, ou posée sur une précédente, peut se décliner en autant de variantes.

En marge de votre travail, ou sur un morceau de papier séparé, gardez un petit échantillonnage des couleurs que vous avez créées et que vous avez décidé d'utiliser. Cela vous servira à aiguiser votre oeil, vous serez surpris par les possibilités offertes et  vous pourrez vous rappeler de teintes posées sur le papier et finalement recouvertes par d'autres.

J'ai fait un portrait pour illustrer quelques possibilités offertes par les trois primaires. Ce n'est qu'un exemple sans prétention, un joli visage sans éclairage ou atmosphère dramatiques, juste un exemple.

 

 

Commencez par poser les teintes les plus claires. Ici, j'ai commencé par une teinte claire correspondant aux zones les plus éclairées du visage et des cheveux (les mèches les plus claires ont été réservées à la gomme). Pour le reste, j'ai parfois appliqué les principes tantôt de la couleur posée dans l'humide (vêtements suggérés, fond..), tantôt de l'humide sur du sec (voir articles précédents). Les couleurs dégradées ont été séchée au sèche-cheveux pour stopper leur progression dans l'humide au moment désiré (pommettes, etc.).

 

 

Les trois primaires se suffisent bien à elles-seules dans cette peinture (attention, couleurs du scan non contractuelles! Le fond et plus gris-vert). Beaucoup d'autres teintes sont possibles, et n'ont pas été utilisées ici. Même si la palette est assez restreinte dans cet exemple ( à part le fond, il y a surtout des teintes chaires ou brunes ), les possibilités offertes par les 3 primaires sont bien plus étendues.

Conseils: n'oubliez pas que le blanc du papier est une couleur à part entière: laissez-le circuler là où vous le souhaitez, ne lui laissez pas non plus trop d'espace afin qu'il n'isole pas les différentes parties de votre composition. En un mot: faites des choix dès le départ.

Pour les amateurs de "noir": votre peinture peut tout-à-fait trouver un bel équilibre sans que de dur traits noirs viennent en souligner inutilement et indélicatement - et donc aussi en compartimenter les différentes parties. C'est de l'aquarelle, pas du vitrail: la lumière passe, mais le plomb n'est pas nécessaire.
Le problême avec la couleur noire, surtout chez les débutants, consiste à croire que le fait de la poser va apporter une touche de finition à l'ensemble du travail, ou venir donner du poids à un résultat assez moyen. En réalité, le noir bloque en quelque sorte votre vision du résultat: une fois posée, elle est tellement pesante qu'on ne sait plus trop quoi faire. Ma peinture est-elle terminée? Que manque-t-il? On ne sait plus trop. Le noir ( ou son équivalent ici avec les 3 primaires ) ne sera donc apporté qu'en touche finale, si nécessaire, et uniquement là où il a effectivement sa place.

Si vous utilisez du fluide à masquer, n'attendez pas la fin de votre travail pour le retirer: faites-le un peu avant, car souvent les parties claires que vous aurez réservées se démarqueront trop des parties plus foncées et vous aurez à les nuancer. Exemple: les cheveux.

Placez stratégiquement certaines couleurs dont vous n'aurez pas inondé toute votre feuille. Ici: le vert des yeux.

Pensez à faire jouer les complémentaires: pour modifier une couleur (soit dans le mélange sur la palette, soit sur la feuille en repassant sur une couleur déjà sèche ), mais aussi pour attirer l'attention sur une zone particulière, ...ou pas.

 Bonne peinture!

 

par Olivier PHILIPPOT publié dans : Leçon d'aquarelle / a watercolor lesson
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Samedi 30 avril 2005

 

This is Salih. Not the expressive and outwarded one all his friends know. Let's show another corner of his personality, may be more private, more like a glimpse, something one would catch accidentally. A different moment, may be not really him, just a glimpse at the instant ...Or may be just another trick of his invention. Here are some of the steps in the making of the painting, as well as some explanations.

Voici Salih, mais pas le garçon extraverti et inventif que ses amis connaissent. Ici, il s'agit plutôt de montrer un autre aspect de sa personnalité, peut-être plus privé, comme un instant capturé au vol, peut-être pas tout-à-fait lui non plus, ...à moins que ce ne soit un autre de ses tours. Voici quelques étapes de la réalisation de la peinture, ainsi que quelques explications.

 




When you're doing a portrait, you have to think and decide what you're about to show and tell, and the way you will show it, according to the personality. Here I mixed the traditionnal and wise way of painting with watercolors (from lighter to darker colors) and a very impulsive hand, sometimes working "wild". It's about method and accident, and in between stands Salih. He looks like hailing the viewer, and not necessary giving him any answer in return. He shows strong personality, even keeping distance, but who knows what is coming next?

Lorsqu'on fait un portrait, il est essentiel de décider ce qu'on souhaite montrer d'une personnalité et de choisir également la façon dont on va procéder, la technique. Ici, j'ai associé la technique classique et sage des lavis (du plus clair au plus foncé) et des gestes plus impulsifs, parfois le geste incontrôlé de la main, à mi-chemin entre méthode et accident. Au milieu de tout ça se tient Salih. Son expression interroge le spectateur, sans pour autant donner de réponse en retour. Il montre une forte personnalité, semble même garder ses distances, mais qu'en sera-t-il dans un instant?

 

Tesekkür ederim Salih!

Text and pictures, copyright Olivier Philippot.

par Philippot publié dans : Leçon d'aquarelle / a watercolor lesson
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