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Pluie est à la fois un portrait, une interrogation et un message.
C'est d'abord le portrait d'une personne, qui porte ce prénom dans sa langue paternelle. C'est ensuite ce qui découle de la pluie, cette interrogation qui nait de notre incapacité à décider de ses caprices. La pluie, un espace de réflexion intemporel qui absorbe Pluie. Il y a une certaine ouverture et une confiance tranquille à la vue du monde momentanément modifié par la chute de l'eau. La pluie, ennuyeuse peut-être, est nécessaire. Elle ne se retire qu'après avoir nettoyé notre petit univers, de son simple passage. Et Pluie possède la force de caractère qui nait de ce savoir.

D'un point de vue technique (certains d'entre vous regrettent de ne pas avoir davantage d'explications), j'ai essayé d'assomplir/d'adoucir les contours du personnage en les atténuant avec de l'eau pure, comme s'il fondait sous l'effet de l'eau, ou apparaissait plus flou. C'est un travail dans l'humide à petite échelle mais dont les effets demeurent significatifs et font partie de la magie propre à l'aquarelle.
A plusieurs reprises, j'ai utilisé un spray pour ouvrir de petites taches de blanc dans la couleur, dans le mat-fraîs, lorsque la peinture encore humide commence à ne plus briller: sur les épaules et dans le fond.
Le fluide à masquer est utilisé pour isoler du blanc dans les yeux et sur les lèvres. Pas davantage. Il ne faut pas le retirer trop tard, sous peine d'avoir de grandes surprises aux niveaux des valeurs (autant de blanc est-il nécessaire?).
Enfin, un de mes moments préférés: la fusion de plusieurs teintes dans l'humide (voir le diaporama à 2:11). Moment de suspension où tout se passe, en douceur, avant que le séchage ne vienne fixer le lavis et fasse disparaitre tout indice de "fabrication". Durant ce moment, chaque couleur peut être déposée à sa juste dose, à sa juste place, en lui laissant suffisamment de liberté pour qu'elle s'y installe par elle-même. Le pigment, libre et en suspension, n'est pas simplement appliqué sur le support comme on appliquerait du dentifrice sur une brosse à dents: il flotte sur un océan microcosmique qui ne tardera pas à s'assécher, moment éphémère dont rien ne transparaitra par la suite, comme un secret à jamais disparu.
L'aquarelle, ce n'est vraiment que du bonheur: le désir de peindre, un peu de technique et l'eau amie qui se prête au jeu ...la magie en action entre vos mains et sous vos yeux, avant d'être partagée.
Et si le résultat ne me satisfait pas, je le considère de toute façon comme un essai. Après tout, la plus grande satisfaction réside peut-être dans le moment passé réaliser la peinture.

J'utilise des couleurs Blockx, absolument délicieuses à utiliser autant de par leur fluiditié que par leur pouvoir teintant ou leur solidité maximale dans le temps. Mon papier préféré est le papier Arches, certes un peu sec au premier passage de lavis (le papier à besoin de sa première rasade), mais tellement gratifiant après les premiers coups de pinceau.

Prochainement: une (autre) interprêtation de Mona-Lisa.
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