Bienvenue / Welcome!

L'aquarelle fait partie de l'histoire humaine depuis son origine. Du pigment et de l'eau, quoi de plus élémentaire? Des magnifiques enluminures jusqu'aux expressions les plus modernes, en passant par les plus grands peintres qui l'ont utilisée, l'aquarelle est un média essentiel. L'idée de la "grande" peinture qui la reléguait autrefois au rang de dessin coloré, semble désormais obsolète.
Au fil des articles de ce blog, je vous présente mes travaux à l'aquarelle: les peintures et les illustrations. La peinture est une oeuvre personnelle, ce qu'on attend d'un peintre. L'illustration quant à elle se plie aux exigences d'une commande, mais elle poursuit l'aventure millénaire des textes illustrés, qui a constitué un véritable fil rouge dans l'histoire de l'aquarelle.
Voici donc une approche de l'aquarelle parmi d'autres, j'espère que vous y trouverez du plaisir.


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Watercolor is part of human history from its very beginning. Pigments and water, what could be more essential? From magnificient illuminations to its most modern expressions, not leaving out the greatest painters who used it, watercolor is an central media. The idea of the "great" painting who tended to relagate it to a simple "colored drawing", is now fully obsolete.You will find here my works in watercolor: paintings and illustrations. Paintings show something personal. On the other hand, illustrations are the result of a command, but this just continues the thousand-year-old adventure of the illustrated texts, which is a recurring theme in watercolor history. So both are exhibited here.
I hope you will enjoy your visit.


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Dimanche 9 octobre 2005

Un petit article à l'intention des élèves du Strate Collège.

Beaucoup d'aquarellistes de renom ont travaillé ou travaillent à partir d'une palette restreinte, parfois dans une même tonalité. Que ce soit à partir d'encre plus ou moins diluée ou tout simplement de café (Victor Hugo par exemple), il sont parvenu à traduire de manière forte une émotion à travers une représentation spontanée ou plus étudiée. Une peinture réalisée avec les 3 couleurs primaires ( auréoline, garance rose et bleu de cobalt en ce qui nous concerne ici ) est l'occasion de découvrir une qualité particulière de l'aquarelle: pouvoir beaucoup avec peu. Travailler avec une palette aussi restreinte aura la qualité de donner une unité à votre peinture, évitant ainsi l'effet "coloriage" où sont appliquées côte à côte des teintes, peut-être magnifiques, mais pas forcément cohérentes. Cela n'exige qu'un petit effort, qui est aussi un pas vers la liberté d'expression: apprendre à mélanger ses propres couleurs, prendre le temps de regarder ce qui en résulte, l'évaluer, développer ses propres outils, pour mieux transformer ses propres envies en plaisir de peindre.

N'oubliez pas de d'abord mélanger vos couleurs et d'obtenir la teinte souhaitée avant d'y ajouter de l'eau. Ne commencez pas par l'eau. Et n'ayez pas peur de la couleur! Faites-la apparaitre, ne la dilluez qu'ensuite, petit à petit, selon le nécessaitre, pas plus! Travaillez avec 2 pots d'eau, l'un pour le rinçage, l'autre pour disposer d'eau propre. Changez-les régulièrement. Aussi, prélevez votre couleur avec un pinceau synthétique, de taille moyenne, qui ne gardera pas la couleur pour lui mais la déposera sur votre palette. Surtout pas de pinceau à lavis pour cette opération!

Travailler avec les 3 primaires, c'est disposer de ces trois couleurs bien sûr, de leur mélange 2 par 2, et de l'infinité des "gris" colorés à tendance jaune, bleu, rouge, violette, verte, orange, et du gris souris, réalisés avec les 3 primaires en intensité égale. Chaque teinte, plus ou moins diluée, ou posée sur une précédente, peut se décliner en autant de variantes.

En marge de votre travail, ou sur un morceau de papier séparé, gardez un petit échantillonnage des couleurs que vous avez créées et que vous avez décidé d'utiliser. Cela vous servira à aiguiser votre oeil, vous serez surpris par les possibilités offertes et  vous pourrez vous rappeler de teintes posées sur le papier et finalement recouvertes par d'autres.

J'ai fait un portrait pour illustrer quelques possibilités offertes par les trois primaires. Ce n'est qu'un exemple sans prétention, un joli visage sans éclairage ou atmosphère dramatiques, juste un exemple.

 

 

Commencez par poser les teintes les plus claires. Ici, j'ai commencé par une teinte claire correspondant aux zones les plus éclairées du visage et des cheveux (les mèches les plus claires ont été réservées à la gomme). Pour le reste, j'ai parfois appliqué les principes tantôt de la couleur posée dans l'humide (vêtements suggérés, fond..), tantôt de l'humide sur du sec (voir articles précédents). Les couleurs dégradées ont été séchée au sèche-cheveux pour stopper leur progression dans l'humide au moment désiré (pommettes, etc.).

 

 

Les trois primaires se suffisent bien à elles-seules dans cette peinture (attention, couleurs du scan non contractuelles! Le fond et plus gris-vert). Beaucoup d'autres teintes sont possibles, et n'ont pas été utilisées ici. Même si la palette est assez restreinte dans cet exemple ( à part le fond, il y a surtout des teintes chaires ou brunes ), les possibilités offertes par les 3 primaires sont bien plus étendues.

Conseils: n'oubliez pas que le blanc du papier est une couleur à part entière: laissez-le circuler là où vous le souhaitez, ne lui laissez pas non plus trop d'espace afin qu'il n'isole pas les différentes parties de votre composition. En un mot: faites des choix dès le départ.

Pour les amateurs de "noir": votre peinture peut tout-à-fait trouver un bel équilibre sans que de dur traits noirs viennent en souligner inutilement et indélicatement - et donc aussi en compartimenter les différentes parties. C'est de l'aquarelle, pas du vitrail: la lumière passe, mais le plomb n'est pas nécessaire.
Le problême avec la couleur noire, surtout chez les débutants, consiste à croire que le fait de la poser va apporter une touche de finition à l'ensemble du travail, ou venir donner du poids à un résultat assez moyen. En réalité, le noir bloque en quelque sorte votre vision du résultat: une fois posée, elle est tellement pesante qu'on ne sait plus trop quoi faire. Ma peinture est-elle terminée? Que manque-t-il? On ne sait plus trop. Le noir ( ou son équivalent ici avec les 3 primaires ) ne sera donc apporté qu'en touche finale, si nécessaire, et uniquement là où il a effectivement sa place.

Si vous utilisez du fluide à masquer, n'attendez pas la fin de votre travail pour le retirer: faites-le un peu avant, car souvent les parties claires que vous aurez réservées se démarqueront trop des parties plus foncées et vous aurez à les nuancer. Exemple: les cheveux.

Placez stratégiquement certaines couleurs dont vous n'aurez pas inondé toute votre feuille. Ici: le vert des yeux.

Pensez à faire jouer les complémentaires: pour modifier une couleur (soit dans le mélange sur la palette, soit sur la feuille en repassant sur une couleur déjà sèche ), mais aussi pour attirer l'attention sur une zone particulière, ...ou pas.

 Bonne peinture!

 

par Olivier PHILIPPOT publié dans : Leçon d'aquarelle / a watercolor lesson
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Vendredi 1 juillet 2005

 

 

GEO ADO n° 33 juillet/août 2005   /   GEO ADO #33 july / august 2005.

http://www.prisma-presse.com/contenu_editorial/pages/magazines/mag/geo_ado.php

A new face has reached the walls of France and bookstores, between Albert de Monaco and Playboy... In an attempt to present a new look to the famous Christopher Colombus, whose real face is in fact completely unknown to this day, the turkish director and actor Özgün Salih was invited to participate! Thanks to the net, he could sent pictures of himself from Turkey right in time, and then real work began.

 

 

The idea was to present the famous man with a small part of his crew on a picture of the actual place he reached. This is an idea of what was supposed to be done:

 

 

Salih's face had to be older of course, but it also had to face several changes following Geo's team changes of mind. His hair was considered too short (#1), then looking too much like the 80's haircut style (!) in #2, but they were satisfied with the more "adventurer" look on #3. The final face expression is a mix of weariness, watchfulness, will and expectation. The sky and the sea also looked too "painted" to them, so they changed it.

 

 

Although one could regret going too far from the starting point, this is finally a good example of the way a model may become an actor, transforming himself, even just in such a simple illustration.

 

Avec l'idée de présenter Christophe Colomb sous des traits différents des "caricatures" historiques auxquelles on nous a habitués, j'ai proposé à Salih de se prêter à ce rôle. Réalisant lui-même des courts métrages dans lesquels il joue également, Salih s'est prêté avec plaisir à cette proposition. Il m'a envoyé quelques photos prises selon les indications du travail à réaliser, et le travail de peinture a pu commencer. L'idée initiale était de présenter les personnages peints sur un fond photographique représentant l'endroit où Christophe Colomb débarqua. Sur ce travail, pourtant bien "briefé" dès le départ, la difficulté est venue des changements exprimés par l'équipe de Géo quant à l'expression faciale du personnage, mais aussi sa coiffure, trop courte sur l'étape 1, trop "années 80" sur la seconde. Le look "aventurier" imposé par le cinéma a eu raison du choix final. Le croisements d'un ensemble de directives régulièrement modifiées a bien failli me mener à une impasse... Le résultat final est pourtant assez satisfaisant, même si j'aurais aimé pouvoir passer plus de temps à travailler les vêtements. Ce travail a eu un aspect amusant: l'impression de grimer quelqu'un pour lui faire endosser un rôle de cinéma.

 

 

 

par Philippot publié dans : Nouvelles publications / New publications
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Samedi 30 avril 2005

 

This is Salih. Not the expressive and outwarded one all his friends know. Let's show another corner of his personality, may be more private, more like a glimpse, something one would catch accidentally. A different moment, may be not really him, just a glimpse at the instant ...Or may be just another trick of his invention. Here are some of the steps in the making of the painting, as well as some explanations.

Voici Salih, mais pas le garçon extraverti et inventif que ses amis connaissent. Ici, il s'agit plutôt de montrer un autre aspect de sa personnalité, peut-être plus privé, comme un instant capturé au vol, peut-être pas tout-à-fait lui non plus, ...à moins que ce ne soit un autre de ses tours. Voici quelques étapes de la réalisation de la peinture, ainsi que quelques explications.

 




When you're doing a portrait, you have to think and decide what you're about to show and tell, and the way you will show it, according to the personality. Here I mixed the traditionnal and wise way of painting with watercolors (from lighter to darker colors) and a very impulsive hand, sometimes working "wild". It's about method and accident, and in between stands Salih. He looks like hailing the viewer, and not necessary giving him any answer in return. He shows strong personality, even keeping distance, but who knows what is coming next?

Lorsqu'on fait un portrait, il est essentiel de décider ce qu'on souhaite montrer d'une personnalité et de choisir également la façon dont on va procéder, la technique. Ici, j'ai associé la technique classique et sage des lavis (du plus clair au plus foncé) et des gestes plus impulsifs, parfois le geste incontrôlé de la main, à mi-chemin entre méthode et accident. Au milieu de tout ça se tient Salih. Son expression interroge le spectateur, sans pour autant donner de réponse en retour. Il montre une forte personnalité, semble même garder ses distances, mais qu'en sera-t-il dans un instant?

 

Tesekkür ederim Salih!

Text and pictures, copyright Olivier Philippot.

par Philippot publié dans : Leçon d'aquarelle / a watercolor lesson
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Dimanche 24 avril 2005

Pour ceux qui ne me connaissent pas encore, voici quelques mots de présentation. J'ai commencé à dessiner à la maternelle, où l'institutrice appelait mes parents pour leur montrer mes premiers gribouillages. Dans le primaire, lorsque le professeur était malade et qu'il fallait nous répartir entre plusieurs salles de classe, on me collait immanquablement à un dessin destiné à décorer la classe visitée. En général, une tête de cheval faisait l'affaire. Je me suis par la suite beaucoup intéressé aux maîtres de la Renaissance que je copiais à la gouache en décorant cette fois le porche de l'église locale de façon régulière. Parmi eux, Léonard de Vinci, dont les tableaux me fascinaient par leur magie et cette impression si particulière de proximité et d'evanescence à la fois, ses personnages complices autant que divins. Pour son réalisme, Van Eyck me plaisait également beaucoup, même si l'austérité et la pâleur de ses visages me refroidissait quelque peu, le mélange du religieux et du profane me semblant chez lui beaucoup moins subtil.

Je me suis construit au gré de mes découvertes. Je n'ai jamais étudié le dessin, et on ne me l'a jamais proposé.

Avec l'adolescence et un intérêt grandissant pour l'Extrême-Orient, et plus particulièrement le Tibet, j'ai commencé à dessiner des Bouddhas, des dizaines... Au tout début des années 80, la rencontre avec des Maîtres tibétains transforma l'essai en une expérience vivante.

 

 

Bien plus tard, en 1989 et 1990, j'ai eu la possibilité de travailler à plein temps avec des sculpteurs bhoutanais (technique de la terre crue) et un peintre tibétain qualifié, Konchok Lhadrepa. Mon expérience s'est alors développée et m'a donné davantage d'indépendance. C'est ainsi que j'ai été amené à illustrer un premier livre pour les éditions Padmakara, La Liane Magique, et notre collaboration se poursuit à ce jour, ainsi qu'avec Shambala et Snow Lion Publications (éditeurs US) qui publient les traductions de Padmakara en langue anglaise.

 

 

 

 

En 2003 et 2004, j'ai suivi trois semestres particulièrement enrichissants à l' Ecole des Arts Appliqués Duperré (Paris) sur le thème "illustration et narration", selon trois thèmes: la couleur, le graphisme, la réalisation d'un livre illustré.La variété des stagiaires participants, avec leurs approches et talents respectifs, a constitué une part essentielle dans l'intérêt du cours, hormis le cours proprement dit bien sûr.

Principalement pour la valeur (perçue comme) documentaire de beaucoup de mes travaux, je collabore de façon régulière avec la presse jeunesse, majoritairement avec les goupes Bayard Presse et Prisma Presse, avec une collaboration particulièrement fructueuse et récurante avec Géo Ado, le petit frère du célèbre magazine Géo.

 

 

 

 

 

 

 

Exemple caractéristique du traitement respectueux que peuvent recevoir une image (pourtant issue d'un brief serré avec la directrice artistique) et son auteur! L'original est à gauche(le scan a un peu assombri les couleurs), le tirage à droite. Le Code de la Propriété Intellectuelle (1er juillet 1992), stipulant que toute modification de l'original ne pourra être faite qu'avec l'accord de l'auteur et réalisée par lui-même et que toute transformation de l'image par numérisation est interdite, sauf accord de l'auteur, se trouve ici allègrement bafoué.

Si les goûts et les couleurs ne se discutent pas, même lorsqu'ils sont aussi douteux que dans cet exemple, le respect de l'auteur et de son travail devraient l'emporter. On en est souvent très loin.

Les recours en justice sont donc courants et nécessaires pour (tenter de) faire reculer ce type de pratique. Dans cet exemple, j'ai plutôt tiré la leçon et affiné mon approche de la relation auteur/commanditaire. 

 

Pour toute information sur les différents aspects de la profession de peintre-illustrateur: http://www.unpi.net/. Le site a été réactualisé, mais l'annuaire ne sera mis en ligne que courant 2006. 

par Olivier PHILIPPOT publié dans : Présentation / Introduction
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