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La Blessure est une peinture qui raconte un état d'âme, un état d'être, l'un de mes thèmes favoris. Figurative, elle pourrait donner l'illusion de tout dire.
Pourtant il n'en est rien: le mystère de la Blessure reste à découvrir.
La Blessure a été exposée au Salon des Arts de Margency en mars dernier
.


Ce portrait en petit format (24x32cm) a été réalisé sur le papier Moulin du Coq, le Rouge, à titre d'essai. C'est un papier qui autorise les repentirs avec une étonnante facilité: on retrouve le blanc du papier sans aucune difficulté, simplement avec un pinceau et de l'eau pure. J'en ai profité pour ajouter des effets lumineux ici et là, dans les cheveux, dans les couleurs de fond, par simple retrait. La magie du blanc joue ici de tous ses atouts: le papier vierge illumine les lavis d'un éclairage éblouissant. C'est un des secrets de l'aquarelle: la lumière est présente dès le début, on ne fait qu'apporter les ombres, des plus ténues aux plus sombres.
La surface du papier permet aussi de réaliser des fondus ou des dégradés sans effort. Petit inconvénient qui va de paire: le passage d'un lavis sur un autre doit être exécuté très rapidement avec un pinceau très souple pour ne pas créer de perturbation. La partie gauche du visage (celle dans l'ombre) n'a reçu que 2 lavis, conservant des imperfections que j'ai voulu garder pour préserver une certaine fraîcheur.
Une beau papier donc, à réserver aux travaux exécutés rapidement, avec de très beaux effets dans l'humide.


Voici la petite histoire en images d'une peinture en forme d'essai. Très pensée (probablement trop et ...mal), cette réinterprêtation d'une oeuvre bien connue pêche finalement par son manque de fraîcheur. Léa méritait pourtant beaucoup mieux!
Cependant, je vous la livre sans honte, parce que j'ai beaucoup appris à la peindre. La contrainte du modèle original tout d'abord, contrainte que l'on découvre au fur et à mesure du dessin, puis de la peinture: corps, pose, paysage, atmosphère. Egalement, notre oeil et notre mental du 21ème siècle ne sont pas forcément prèts à accepter ce cadrage du 16ème siècle, ni même à supporter une ennième reprise de Mona-Lisa, surtout si elle semble se vouloir sérieuse. Bien que ne recherchant ni l'imitation, ni la parodie, ni même la dérision, j'ai pu apprécier une insidieuse pression à laquelle je ne m'attendais pas...
Puis vint le temps de la peinture, du plaisir comme de la lutte parfois, l'apprentissage sans fin de l'aquarelle. Repentirs et changement de cap en sus. Les nouvelles couleurs que j'utilise, intenses et durables, me jouent encore des tours: mon goût pour l'intensité trouve ici son expression-limite. Je suis heureux du message qu'elles me livrent et j'essaierai d'en tenir compte à l'avenir.
En voulant travailler des clairs-obscurs, j'ai déposé des couleurs "claires "déjà sombres, et donc l'apport des ombres a considérablement alourdi, terni ou solidifié certaines zones. Les couleurs plus légères sont apparues par contraste excessivement chantantes...
Voici donc ce travail que je vous présente avec l'espoir de récolter vos avis, non pas pour me rassurer s'ils se veulent positifs, mais bien pour tirer la leçon d'une telle expérience.
Enfin, à Léa, un grand merci pour sa curiosité à participer à cette expérience. Et puis, ceci n'est qu'une peinture...


Pluie est à la fois un portrait, une interrogation et un message.
C'est d'abord le portrait d'une personne, qui porte ce prénom dans sa langue paternelle. C'est ensuite ce qui découle de la pluie, cette interrogation qui nait de notre incapacité à décider de ses caprices. La pluie, un espace de réflexion intemporel qui absorbe Pluie. Il y a une certaine ouverture et une confiance tranquille à la vue du monde momentanément modifié par la chute de l'eau. La pluie, ennuyeuse peut-être, est nécessaire. Elle ne se retire qu'après avoir nettoyé notre petit univers, de son simple passage. Et Pluie possède la force de caractère qui nait de ce savoir.

D'un point de vue technique (certains d'entre vous regrettent de ne pas avoir davantage d'explications), j'ai essayé d'assomplir/d'adoucir les contours du personnage en les atténuant avec de l'eau pure, comme s'il fondait sous l'effet de l'eau, ou apparaissait plus flou. C'est un travail dans l'humide à petite échelle mais dont les effets demeurent significatifs et font partie de la magie propre à l'aquarelle.
A plusieurs reprises, j'ai utilisé un spray pour ouvrir de petites taches de blanc dans la couleur, dans le mat-fraîs, lorsque la peinture encore humide commence à ne plus briller: sur les épaules et dans le fond.
Le fluide à masquer est utilisé pour isoler du blanc dans les yeux et sur les lèvres. Pas davantage. Il ne faut pas le retirer trop tard, sous peine d'avoir de grandes surprises aux niveaux des valeurs (autant de blanc est-il nécessaire?).
Enfin, un de mes moments préférés: la fusion de plusieurs teintes dans l'humide (voir le diaporama à 2:11). Moment de suspension où tout se passe, en douceur, avant que le séchage ne vienne fixer le lavis et fasse disparaitre tout indice de "fabrication". Durant ce moment, chaque couleur peut être déposée à sa juste dose, à sa juste place, en lui laissant suffisamment de liberté pour qu'elle s'y installe par elle-même. Le pigment, libre et en suspension, n'est pas simplement appliqué sur le support comme on appliquerait du dentifrice sur une brosse à dents: il flotte sur un océan microcosmique qui ne tardera pas à s'assécher, moment éphémère dont rien ne transparaitra par la suite, comme un secret à jamais disparu.
L'aquarelle, ce n'est vraiment que du bonheur: le désir de peindre, un peu de technique et l'eau amie qui se prête au jeu ...la magie en action entre vos mains et sous vos yeux, avant d'être partagée.
Et si le résultat ne me satisfait pas, je le considère de toute façon comme un essai. Après tout, la plus grande satisfaction réside peut-être dans le moment passé réaliser la peinture.

J'utilise des couleurs Blockx, absolument délicieuses à utiliser autant de par leur fluiditié que par leur pouvoir teintant ou leur solidité maximale dans le temps. Mon papier préféré est le papier Arches, certes un peu sec au premier passage de lavis (le papier à besoin de sa première rasade), mais tellement gratifiant après les premiers coups de pinceau.

Prochainement: une (autre) interprêtation de Mona-Lisa.

Un petit clin d'oeil à Dominique Olivier, prothésiste dentaire céramiste de renommée internationale.
S'il vaut mieux travailler la céramique plutôt trop humide que trop sèche, voici donc de l'eau, beaucoup d'eau, dans une ville mythique posée entre ciel et mer.
Merci Dominique pour ton enthousiasme et ta sympathie. J'espère progresser moi-même à l'image de ton excellence, tout en développant une autre qualité qui me manque et que tu possèdes: la modestie.
J'espère que la ballade te plaira.

Testa e Coda a été exposée à Chamalières en novembre 2008.


Installé entre les couleurs froides qui l'habillent et un décor aux reflets chauds, Félix se tient à une certaine distance. Les mains refermées, bien que participant  de cette impression de distance, parlent d'action, d'énergie, d'une capacité de réalisation, d'une certaine proximité aussi.
En peinture (également),  il est difficile de véritablement dissocier un personnage de son environnment. Le va-et-vient du chaud et du froid parle du modèle, pas forcément de façon objective, mais plutôt de la façon dont il peut être perçu.
Sur ce portrait simple, j'ai à plusieurs reprises hésité entre un véritable réalisme et une forme ornementale qui, pour moi, se rapproche d'une forme d'abstraction. Abstraction du véritable souci de ressemblance, de vraisemblance. La chemise, par exemple, ne semble pas vraiment faite de tissu. La souplesse de ses plis tient davantage du papier qu'on aurait manipulé, peut-être même du métal. Autre exemple, les effets du mur (réalisés avec du film alimentaire sur peinture humide) créent une surface aux motifs aléatoires.
Simplification, juxtaposition ou contradiction avec la réalité, une approche qui s'est imposée dans cette peinture.
Félix reste donc à découvrir et ce portrait nous y invite.

Il est des endroits simples et enchanteurs, où le quotidien se mêle à l'onirique de façon simple et inattendue. Des coins d'ombre - comme des refuges -  qui guident vers la lumière mais gardent pour eux un charme particulier. Quelques bicyclettes comme les traces d'aventures invivisibles, comme en négatif lorsque l'être humain est montré par son absence. Portes et fenêtres apparemment sans vie, mais qui le croirait?
Prêts pour une ballade dans les rues de Florence?






Cette peinture est dédiée à la vie, et  à celles et ceux qui nous la rendent belle et heureuse, aux passages de l'ombre à la lumière, du doute à l'évidence, de la douleur au bien-être.
A N. pour son enthousiasme.

Le Passage a été exposé à l'espace Magallon, à l'Isle-Adam en mai dernier et sera présent à la biennale de Mexico en décembre.
Le portrait a beaucoup à voir avec la personnalité, avec ce qui se passe à l'intérieur. Avec ce qui en émane aussi, avec ce que nous en interprêtons, ce qui fait écho ou nous interpelle.
Voici un nouveau portrait de celui que j'ai présenté autrefois comme le "Petit Pirate": Arthur.

Portrait speaks about personality, what's going on inside oneself. About what emanates from that inside as well, meanwhile what we understand about it, responding to our understanding, or even surprising us.
Here is a new portrait of a friend once called the "Little Pirate", Arthur.
Enjoy!




Arthur était exposé à l'Isle-Adam en mai et à Chamalières en novembre 2008.
Petit flashback sur une peinture réalisée en 2004.

Certaines peintures deviennent emblématiques de votre travail, pas forcément immédiatement ni même que ce soit votre propre choix, mais parce que vous avez  eu  une émotion ou une motivation particulière lors de leur élaboration et  que, par la suite, elles ont trouvé un écho chez ceux qui les ont regardées.
Peint à l'origine pour une exposition sur le thème du voyage ( le thème ayant changé, cette peinture n'y fut pas présentée ), le Rubis du Prince Noir est à la fois une peinture "sérieuse" et un clin d'oeil. Un clin d'oeil à tous les clichés associés à cette couronne, maintes fois reprise dans la publicité ou la photographie par exemple. Sérieuse par ce qu'elle représente: chaque pierre a une histoire, qu'elle soit légendaire ( comme le rubis du prince noir justement ) ou tout simplement celle de la souffrance ( les diamants ne son pas ramassés dans les jardins! ) et de la dignité humaine.
J'ai rapidement remarqué que cette couronne sur la tête de Tarik n'était pas du goût de tout le monde mais, après tout, cela parle aussi de l'égalité des êtres humains, de la loterie de la vie, ...gravité et dérision de nos destinées.

Quelques détails de la peinture et petites explications en images:


d--t1.jpg






























La couronne a été peinte en dernier. Pour éviter trop d'erreurs, les parties scintillantes des pierres ont été réservées au fluide à masquer, mais sans plus. Il est souvent bien plus simple de travailler avec attention que de faire un usage excessif du fluide à masquer: à force de masquer, on ne sait plus où on en est!
Travailler du plus clair au plus foncé s'est imposé. Même si le travail semble minutieux, une fois qu'on est dedans, les choses se déroulent finalement assez bien.


d--t2.jpg






























Ce diamant de papier et de pigments est réalisé sur la base d'un dessin léger et précis, avec des zones peintes séparément à sec, parfois avec fondu de couleurs. Pour garder son aspect cristallin, je ne l'ai pas soutenu davantage, il se suffit à lui même.


d--t3.jpg





























Le visage se compose de lavis successifs, du plus clair au plus foncé, la couleur étant chaque fois posée puis fondue à l'eau claire et séché.


d--t4.jpg

























Une petite remarque sur l'utilisation des complémentaires: sur les broderies dorées, j'ai utilisé une couleur violette obtenue avec les 2 primaires bleu et rouge pour infléchir le jaune là où je voulais lui donner une ombre délicate.


d--t5.jpg
































Petite remarque sur le fond: j'ai apporté des couleurs sur une feuille humide, ces couleurs ayant bien sûr été préparées et testées auparavant. Les gouttes de jaune sur cet exemple sont apportées dans l'humide, mais en texture crémeuse, ce qui limite leur diffusion.


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Le Rubis du Prince Noir
39 x 55 cm
aquarelles, 2004.





Aucune couleur ne fascine autant que le bleu.
Il existe diverses raisons à cela.
Le bleu du ciel laisse penseur, optimiste lorsque le temps est radieux. Le bleu de la mer, aussi immense que le ciel, parle d'insondable, d'infini, de possibles renouveaux, d'abîmes insondables, froids et inquiétants, des non-dits de l'invisible, des chuchotements qui prennent la place des certitudes. Car le bleu est mystérieux. Sa froideur laisse deviner, interprêter. Elle ne s'avance pas vers nous.





Le bleu est calme, organisé. Austère parfois.
Il incarne la pensée logique, rationnelle, la faculté de raisonnement et d'abstraction. Il est aussi introversion et réflexion. Le bleu est mental.
Le bleu est symbole d'élévation. Mais on peut aussi se perdre en lui.





Il est tantôt clair, tantôt obscurci. Tantôt éveillé, tantôt endormi. Il éclaire et confond. Parfois opaque, parfois transparent.
Immatériel et indéfinissable bleu.





Mais le bleu n'est pas que froideur, loin de là. Il possède son propre langage et demande peut-être davantage d'attention. Il sait faire chanter ses complémentaires, s'effacer devant elles pour mieux les faire vibrer.
Une touche de rouge suffit à le réchauffer.
A l'image d'un bain de minuit, que seule la lune éclaire, le bleu est un appel irrésistible. Il étonne par sa douceur. Le plus grand risque ne serait pas de s'y noyer, mais plutôt simplement de le manquer!

Images: détails du Portrait Bleu, juin 2007.



Dans ce petit exemple, une jolie bâtisse fortifiée rencontrée par une belle journée sur la route de Sancerre, je me suis amusé à 2 très simples associations de techniques.






Tout d'abord, la vue d'ensemble est réalisée à l'aquarelle seule.  En ne cherchant pas le détail à l'excès, j'ai juste essayé de rendre les volumes,  de donner du corps  au bâtiment  de façon très sobre. C'est la vue qu'on a de la route, une invitation à la découverte.





Lorsqu'on s'approche davantage, l'aspect rugueux de la pierre devient visible.  L'histoire des murs apparait, à travers ses imperfections, ses blessures, ses modifications.  Mais aussi ses variations tonales qui ajoutent un aspect poétique à la simple surface. Sur la base d'une aquarelle simple, j'ai travaillé aux crayons de couleurs,  le grain du papier aidant à cet aspect  quelque peu austère.




Enfin, on entrant plus avant dans le bâtiment, on découvre un petit bijou Renaissance au fond de la cour pavée. Pour en retranscrire la grâce, sans oublier le joli toit de tuile en fond, j'ai utilisé 2 encres ( un noir et un sépia ) pour un tracé à la plume exécuté comme précédemment sur un lavis sec. Un rayon de soleil ajoute grandeur et volume à la scène modeste au demeurant.

L'aquarelle peut bien sûr être associé à beaucoup d'autres techniques (gouaches, acryliques, ...) et sur de nombreux supports, même les plus improbables.


Texte & illustrations: Olivier Philippot, tous droits réservés.
Pour cette technique exigeant à la fois de la patience, un minimum d'expérience, de l'attention mais aussi une certaine détente intérieure, j'ai choisi de vous présenter quelques gestes essentiels.
Ces gestes, répétés et variés à l'infini, les uns après les autres, dans l'ordre qui s'impose à la création de votre travail, permettent une infinie variété d'effets que le médium aquarelle rend inimitables et chaque fois uniques.

Ce qu'il faut retenir en essence, c'est que l'eau abondante diffuse et dilue la couleur que l'on dépose sur le papier préalablement inondé. Il faut donc attendre un séchage de type "mat" pour intervenir de façon plus précise. Une couleur très diluée se diffuse plus largement, surtout sur papier très humide et vice versa: une couleur crémeuse se diffusera moins, surtout si le papier a déjà un peu séché.



Sur un papier préalablement humidifié, les couleurs se fondent entre elles,
de façon aléatoire mais également dirigée. Quand l'imprévisible et l'inattendu rencontrent votre désir de créer.




L'inclinaison du papier permet de jouer avec la gravité,
l'eau transportant avec elle le pigment. A vous de savoir où vous arrêter.


































La jonction de deux flaques d'égale humidité,
à l'aide d'une brosse plate adaptée en terme de dimension, permet de réaliser un fondu impeccable.




Peindre à l'eau claire et ouvrir des blancs.
Sur un lavis encore humide, ouvrir des blancs en utilisant de l'eau claire et un pinceau propre. On ouvrira également des blancs de la même façon sur peinture sèche, en utilisant un pinceau synthétique, plus nerveux. Dans ce dernier cas, le blanc peut être ouvert de façon très précise avec des contours très nets.




Peindre sur des cordons d'eau.
Après avoir tracé à l'eau claire le motif désiré, on y injecte la ou les couleurs choisies. Le mélange se fait de façon relativement aléatoire.




Apporter des valeurs plus profondes sans les diffuser en utilisant une couleur plus épaisse.
Tout est dit: si la peinture est de consisitance épaisse, elle ne va pas se diluer dans le lavis sur lequel on la pose. Sa diffusion va être très restreinte. On obtiendra ainsi un effet fondu, plus naturel, mais pas de perte d'intensité.




Le dépôt de sel sur la peinture humide
permet des effets "étoilés" intéressants. Attention, laisser sécher longtemps, sans intervenir sous peine de tout gâcher. Si le sel laisse des traces grises sur la peinture terminée, ne pas hésiter à passer la gomme.


Sur la peinture terminée, on peut tout-à-fait continuer par une technique plus classique d'apport sur les lavis secs, peindre par glacis, etc.
L'association de diverses techniques permet d'enrichir votre travail.


Texte et photographies: Olivier Philippot, tous droits réservés.

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